Article Viviane Frappreau

Difficultés au travail : leaders, agissez sur votre posture avant la crise

Avec toutes les remises en questions sur nos certitudes aujourd’hui, le monde du travail est constamment challengé sur les relations entre toutes les parties prenantes, sur la viabilité des entreprises et sur le fonctionnement des équipes. L’exemple d’Emmanuel Faber, évincé de Danone alors qu’il s’engageait dans l’accès pour tous à une alimentation responsable, nous rappelle qu’il ne suffit pas d’avoir de bonnes intentions pour mener à bien sa mission.

Interroger son rôle quand l'inconfort grandit

Que vous soyez dirigeants ou responsables, le quotidien complexe vous donne de multiples occasions de questionner votre rôle. Si vos efforts ne suffisent plus à produire un résultat satisfaisant, si le doute s’installe dans votre esprit quant à l’utilité de vos actions, si vous vous interrogez sur le sens de votre travail, quelles solutions pourraient se présenter pour faire repartir le positif ? Comment en êtes-vous arrivé(e) là ?

Ces questions sont autant d’alertes pour vous prévenir que votre mode de fonctionnement, peut-être efficace auparavant, doit être modifié. Vous vivez dans l’inconfort et celui-ci grandit progressivement.

Vous rencontrez des difficultés (petites et grandes) et connaissez des déceptions dans votre quotidien. Difficulté à exécuter le travail à cause d’un manque de temps, de moyens, de rôles mal définis, d’une communication bancale. Déceptions parce que vous n’arrivez pas à trouver votre place, parce que la reconnaissance n’est pas à la hauteur de vos attentes, parce que le réel ne correspond plus aux valeurs affichées.

Faire plus de la même chose peut mener à la crise

Malgré vos tentatives pour trouver des solutions, vous continuez à subir cet inconfort. Pourquoi ?

Nous avons tous tendance à produire des solutions que nous employons habituellement. Et si ces solutions ne fonctionnement pas, nous pensons qu’en multipliant nos efforts dans le même sens, tout va s’arranger. Hélas, faire plus de la même chose donne plus du même résultat, et mène parfois à des situations de crise qu’on aurait pu éviter.

Face à une envie de changement, nombreuses sont les bonnes raisons de rester dans le connu qui est rassurant. Quelle représentation pourrait-on donner de ce « non-agir » ?

« Cette situation est vraiment pénible ! » – « Si au moins je pouvais… j’étais… » – « Pour changer cela, il faudrait que je prenne les choses en main. » – « Ça pourrait être pire, on n’est pas si mal ici », « j’ai toujours été / fait comme ça, pourquoi devrais-je changer ? », « c’est la faute de… » – Ô fatalité ! « C’est comme ça, on ne peut pas changer les choses », « Mieux vaut continuer coûte que coûte, ça va finir par s’améliorer. »

Ces réflexions traduisent un vécu qui pourrait se représenter comme ceci : « Je me plains, je vis mal mon quotidien au travail » – « L’issue de cette situation n’est qu’une illusion, un désir sans passage à l’acte » – « Je rends moi-même ma situation impossible à résoudre » – Je me donne de bonnes raisons de rester dans l’attente en déformant le réel. »

Passer de la routine au mode conscient

Accepter d’être bousculé(e) dans ses certitudes, de perdre momentanément ses repères, et d’expérimenter de nouvelles façons de faire peut vous aider à vous engager dans le changement pour régler vos difficultés. C’est en prenant conscience de ce qui se passe réellement et de votre manière de fonctionner dans les situations que vous pourrez agir plus efficacement.

Il vous faut également une bonne dose de volonté d’aller de l’avant, car vous rencontrerez des résistances sur votre chemin, et elles pourront à tout moment vous faire renoncer au changement. Au lieu de vouloir les balayer parce qu’indésirables, écoutez-les, portez votre attention sur vos interactions, sur les autres et sur vous-même.

C’est donc un vrai retour sur soi qu’il faut opérer pour mieux se comprendre et mieux comprendre comment nous agissons dans notre environnement. Passer de la routine au mode conscient et actif demande de changer d’angle de vision. C’est là tout l’intérêt de faire appel à un coach professionnel. Par son questionnement bienveillant et l’effet miroir qu’il produit, il chemine à vos côtés pour que vous puissiez trouver vos propres solutions, celles qui vous correspondent pleinement.

 

Quand une crise survient, elle met en exergue ce qui désunit, elle appuie là où cela fait mal. Mais comment empêcher cette crise lorsque le fonctionnement inopérant n’est pas modifié ? Que diriez-vous d’appliquer le principe de prévention en agissant dès que les interactions s’enrayent, dès qu’un changement vous bouscule ? Il vaut mieux prévenir que guérir…

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Remerciements : un grand merci aux professionnels, sources d’inspiration, pour leurs partages d’expérience, leur confiance et leur temps précieux :

Ludovic DUGNE ; Emmanuelle BURELOUP ; Pierre-Axel PARODAT ; Sylvain BILLIAU ; Serge PAGE ; Lynda FRENOIS ; Morgane ROCHE ; Alice BARILLIER ; Damien DESFAYES ; Sophie TOURNIER ; Virginie DURIGNEUX ; Karine MATEO ; Carole KIEFFER

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